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Paroisse

de Sucy-Noiseau

Cérémonie du 8 mai 1945

mardi 08 mai

Mot d’accueil à l’église


Bienvenue à vous tous, Mme le maire ou ses représentants, le conseil municipal, les élus les anciens combattants et vous toutes et tous. Aujourd'hui en France nous ne travaillons pas. En ce jour férié, nous commémorons la victoire du 8 Mai 1945.
Deux cérémonies et célébrations vont ponctuées notre journée : la célébration de la messe ; la cérémonie interreligieuse où nous oeuvrons pour le mieux vivre ensemble, la cérémonie aux monuments aux morts.

Bien sûr, c'était une victoire, et nous sommes reconnaissants à tous ces combattants de France et d'ailleurs qui ont permis de mettre un terme à cette guerre. Cette guerre, ce sont des millions de victimes,
Nous ne voulons pas oublier. Nous voulons nous souvenir, et que nos enfants se souviennent de ceux et celles qui sont morts durant la guerre 39-45, déjà si loin dans nos mémoires, mais aussi des victimes des autres conflits dans lesquels notre pays s’est trouvé engagé depuis, en Indochine, en Algérie, au Kosovo, en Afghanistan et en Afrique. Sous le drapeau de notre pays nous essayons de garder vivant l’honneur de défendre notre peuple et de le servir, l’énergie et le courage des hommes et des femmes qui ont donné leur vie pour les valeurs de notre république.
En même temps, nous ne voulons pas oublier un certain regard sur le monde et la vie : l’espérance et la raison de vivre que nos pères nous ont donné en héritage, en nous transmettant la foi en Jésus-Christ, mort et ressuscité pour tous les hommes, fils de Dieu et lumière pour toutes les nations.
Père Boniface


Homélie pendant la messe


Ce matin, dans cette église de St Martin, nous venons d’entendre le récit des actes des apôtres où la parole clé est : « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé toi et ta maison »

Et d'un point de vue chrétien, est-ce que nous nous rendons compte qu'à chaque conflit qui a dans le passé opposé des peuples, ce sont majoritairement des chrétiens qui se faisaient la guerre, ou en tout cas deux peuples à l'histoire et à la culture fortement teintées de christianisme ? Et de chaque côté de la ligne de front, dans les tranchés, les soldats faisaient monter vers Dieu leurs prières pour les aider à traverser cette épreuve...

Que ce 8 mai nous permette de prendre conscience que nous avons tous une responsabilité et une action possible, là où nous sommes, pour faire que notre monde soit plus en paix. Cherchons d'abord l'unité, cherchons d'abord ce qui est beau et ce qui nous rassemble. Cherchons d'abord l'amour et la fraternité. Alors nous pourrons sereinement aborder les questions qui nous séparent encore. Mais elles ne seront plus des obstacles à l'unité.
Il faudra la chercher dans celui que Jésus va envoyer, celui qui en réalité ne fait qu’un avec lui, l’Esprit Saint. Et puisqu’ils ne font qu’un, l’un renvoie à l’autre. Ainsi dans la deuxième partie du passage Jésus affirme que l’Esprit témoignera de la foi en lui, Jésus ; que Jésus, retourné près du Père, est le seul Juste ; enfin que, de même, il est le seul véritable juge. Ce que fera l’Esprit, en définitive, ne sera donc pas différent de ce que Jésus a accompli. Notre espérance se trouve dans le Seigneur. Par sa victoire sur la mort Il nous a donné une vie que la mort ne pourra jamais détruire: Sa Vie. Sa résurrection veut dire que ce qui était spirituel devient réel. Rien ne peut nous séparer de l'amour de Dieu. Rien ne peut diminuer notre espérance en Jésus mort et ressuscité vivant pour les siècles des siècles Amen.

Intervention du 8 mai 2018


Mme le Maire, le conseil Municipal, les élus, les anciens combattants ; Mesdames Messieurs
Sur le thème : Responsabilité des religions monothéistes face au fanatisme et à la barbarie » Il y aurait beaucoup à dire. Mais notre culture française nous oblige à compter les minutes.
Quelle contribution des croyants
Les religions sont des facteurs de guerre quand elles tombent dans un certain nombre de pièges :
La manipulation du sacré
Le mélange entre référence religieuse et les idéologies politiques
L’incapacité à prendre en compte la modernité

La Bible parle beaucoup de la violence et certains récits sont eux-mêmes très violents. Mais nous sommes invités à relire dans la Bible comment elle prend en compte ce qui est constitutif à nos rapports sociaux, et comment la Bible nous dit que Dieu n’est pas dans la violence, mais dans la relation.

A quelles conditions les religions sont moteurs de Paix?
Quand elles refusent toute discrimination
Quand elles s’engagent à l’éducation aux droits de l’humain et dans tous les actes pastoraux de la vie
Quand elles s’engagent dans le combat pour la justice
Quand elles s’engagent pour donner l’espérance.
Quand elles s’engagent dans le dialogue entre elles.

Mais le plus important reste aujourd’hui la formation. « Il est urgent d’éduquer les jeunes générations à s’impliquer activement dans la lutte contre les haines et les discriminations, mais aussi à dépasser les oppositions du passé et à ne jamais se lasser de chercher l’autre. En effet, pour préparer un avenir vraiment humain, il ne suffit pas de repousser le mal, mais il faut construire ensemble le bien.» Pape François
- Les religions doivent accepter d’être aussi questionnées de l’extérieur. Comment acceptons-nous ces interpellations ?
Sur notre vocabulaire ; Sur notre propre manière de faire communauté, notre propre façon du vivre ensemble.
- Mais nous devons être aussi les célébrants de "l’au-delà" des droits en n’oubliant pas les devoirs pour être les transmetteurs de la sagesse c’est dire :
- La connaissance qui conduit aussi l'homme à participer à la vie de la communauté, à comprendre et à aider ses semblables. Elle l'incite à tout faire pour faciliter la vie de chacun. La mise en pratique de la connaissance amène des comportements de solidarité et de fraternité ; de pardon, de charité, et de don de sa vie pour les autres.. Surtout ces valeurs nous invitent et nous engagement à nous transformer afin de construire un monde meilleur pour notre génération et pour les générations futures.

Il y a là une tâche urgente du dialogue interreligieux : débusquer les racines d’une hostilité qui contamine une partie de la population et notamment les jeunes en situation de fragilité par rapport à une propagande qui poursuit ses
ravages et continuera à répandre la haine tant qu’elle n’aura pas été identifiée et fermement condamnée.
Si nous voulons parler de nos responsabilités face à l’antisémitisme et face au terrorisme, nous croyants de différentes religions devons creuser les dimensions théologiques de l’antisémitisme.
Conclusion :
Savoir, comprendre, être instruit et réfléchir, c’est se comporter avec sagesse. Remarquez bien que la vraie sagesse n’est pas seulement intellectuelle, mais elle est aussi pratique. La sagesse comprend non seulement ce que nous savons, mais aussi ce que nous faisons et parfois ce que nous ne faisons pas. « Le sage a de la retenue et se détourne du mal » Prov (14.16). « Celui qui retient ses lèvres est un homme prudent » (10.19). « Celui qui gagne des âmes est sage » (12.15).
Pour terminer je cite Pierre Claverie, Evêque d’Oran tombé sous les coups du terrorisme : "Que l’autre, que tous les autres, soient la passion et la blessure par lesquels Dieu pourra faire irruption dans le monde de notre suffisance."
A travers cette rencontre, c’est la rencontre du "tout autre"


Père Boniface

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